Outcomes, by design : Ludwig de Carli revient sur le lancement de Leiven Group
Leiven Group I 1:59 pm, 20th July
Le 16 juillet, Ludwig de Carli annonçait le lancement de Leiven Group, plateforme internationale de transformation tech et digitale, ancrée au Luxembourg et opérant de l'Europe au Moyen-Orient en passant par l'Afrique. Après quinze ans sur le marché luxembourgeois, l'ancien COO de cabinet de conseil passé côté delivery mise sur un modèle qui tient stratégie, construction et performance sous une même responsabilité. Nous lui avons demandé pourquoi, et ce qu'il pense vraiment de la vague IA.
Après quinze ans sur ce marché, pourquoi lancer Leiven Group, et pourquoi maintenant ?
Parce que j'ai vu le même film se rejouer, des deux côtés de la table. J'ai passé dix ans comme COO d'un cabinet de conseil international, puis je suis passé côté delivery, d'abord comme CCO Group d'une société d'intégration de solutions API, puis comme Partner et Head of Belux d'un groupe international français de la tech et du digital. Et le schéma n'a jamais changé : les programmes de transformation échouent rarement sur la vision. Ils se délitent à l'exécution, quand la décision stratégique, la construction technologique et la performance data sont portées par des acteurs différents, sans responsabilité commune. Chacun livre sa part. Personne ne porte le résultat.
Leiven existe pour fermer cet écart. Un seul modèle qui couvre la décision, la construction et la performance, sous une seule responsabilité, de la conviction du board à la réalité en production.
Quant au "pourquoi maintenant" : le marché a mûri. Les boards n'achètent plus des slides ni des promesses. Ils veulent des résultats mesurables, et un interlocuteur qui assume. C'est exactement pour cette demande que nous sommes construits.
Concrètement, que fait Leiven, et qu'est-ce qui tient les trois practices ensemble ?
Trois practices intégrées, un seul continuum. Advisory & Consulting structure les décisions : architecture d'entreprise, modèles opérationnels cibles, feuilles de route de transformation. Digital Solutions construit et livre les plateformes : CRM, Marketing, e-Commerce, Field Service, intégration et ERP. Et le Lab transforme la donnée en performance durable : Data Foundations, Process Automation, AI Acceleration.
Ce qui tient l'ensemble, ce n'est pas une logique de catalogue, c'est la responsabilité. La même société qui recommande une architecture la porte ensuite en production. Là où l'enjeu le justifie, nous appliquons notre modèle de gouvernance Design Authority : un cadre clair, un architecte nommé, une cadence de gouvernance et un suivi des bénéfices. En clair : nous ne vous vendons pas un livrable en vous souhaitant bonne chance. Nous restons responsables du résultat.
Un client qui nous engage par une porte d'entrée n'achète donc pas un projet isolé. Il démarre une trajectoire, et ce sont les signaux du compte qui décident de la suite.
Tout le monde vend de l'IA en ce moment. Vous semblez prendre une autre ligne.
Je prends une ligne pragmatique, ce qui aujourd'hui sonne presque comme une ligne à contre-courant. L'IA n'est pas le but, c'est un moyen. La question du board n'est pas "quelle IA", c'est "quel résultat". Comme je le dis souvent à mes clients : stop buying AI, start buying outcomes.
Les chiffres le confirment. L'étude du MIT "State of AI in Business 2025" montre que 95% des pilotes d'IA générative en entreprise ne produisent aucun impact P&L mesurable, malgré des dizaines de milliards investis. Et Gartner prévoit que plus de 40% des projets d'IA agentique seront annulés d'ici fin 2027, principalement pour cause de coûts et de valeur business floue. Ce n'est pas un argument contre l'IA. C'est un argument contre le fait d'acheter la tendance au lieu de résoudre le problème.
L'IA agentique est un levier puissant, et nous construisons avec. Mais elle n'est pas la réponse à tout. Sur bien des cas d'usage, une automatisation bien conçue suffit : moins chère, plus vite en production, plus simple à gouverner. Le but n'est pas de répondre à une mode, mais à une efficacité opérationnelle.
Notre séquence est donc volontairement peu spectaculaire. Les fondations data d'abord. Puis des cas d'usage à ROI mesurable. Puis l'industrialisation de ce qui fonctionne. L'agentique vient quand le processus et la donnée le justifient, pas avant. Nous construisons évidemment des stratégies IA, mais une stratégie IA n'a de sens que si elle sert la stratégie d'entreprise. Tout le reste, c'est du théâtre coûteux.
Quelle est votre ambition pour Leiven, au Luxembourg et au-delà ?
Le Luxembourg est notre ancrage, et c'est un choix délibéré. Ce marché est dense, exigeant, et les décisions s'y prennent vite. Si votre modèle tient ici, il tient partout. Depuis cette base, nous opérons en direct au Luxembourg, activement en Belgique et en France, et via des partenaires vers le Moyen-Orient et l'Afrique.
L'ambition est simple à énoncer et difficile à tenir : devenir le partenaire que les boards appellent quand ils veulent que la technologie serve réellement le business, et pas l'inverse. Le succès, pour nous, se mesure chez le client, en production, pas dans les slides.
C'est tout le sens de notre baseline : Outcomes, by design. Et pour ceux qui veulent vérifier si nous sommes à la hauteur, ma porte est ouverte. Généralement avec un café.
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